Violences verbales dans le BTP : comprendre un ancrage culturel et structurel
- Anaïs Cejudo
- il y a 1 jour
- 2 min de lecture
Par Anaïs CEJUDO, Sociologue du Travail, Cabinet Espace Enquête, Tel : 0649700515 Mail : anais.cejudo@espace-enquete.fr
Dans les diagnostics de risques psychosociaux, les enquêtes internes ou les entretiens menés auprès des salariés du BTP, les violences verbales apparaissent de manière récurrente. Elles sont souvent perçues comme « normales », « faisant partie du métier » ou comme des formes d’expression virile acceptées.
Pour autant, leur banalisation peut avoir des conséquences importantes : sur le climat de travail, l’intégration des nouveaux salariés, la sécurité collective, et plus largement sur la prévention des comportements hostiles.
Comprendre l’ancrage de ces violences verbales dans le BTP suppose de croiser plusieurs dimensions : historiques, culturelles, organisationnelles et relationnelles.
1. Une culture professionnelle historiquement rude et hiérarchisée
Le BTP s’est historiquement structuré autour d’une organisation "militaire" du travail, avec une verticalité forte : chef de chantier, contremaître, ouvrier qualifié, intérimaire…
Dans ce contexte, les ordres sont souvent donnés sur un mode directif, voire autoritaire, avec un registre verbal marqué par l’impératif, l’injonction et la sanction immédiate.
Certaines pratiques managériales encore en vigueur dans certaines entreprises (cris, remarques humiliantes, humiliations devant les collègues) s’inscrivent dans cette histoire collective. Elles sont parfois justifiées comme une manière d’« aller vite » ou « d’imposer le respect ».
2. Des conditions de travail propices à la tension
Selon l’enquête SUMER 2017 :
73 % des salariés du BTP déclarent être exposés à un travail physiquement pénible ;
58 % disent être soumis à une forte intensité de travail ;
Près de 40 % déclarent ne pas pouvoir compter sur leur hiérarchie directe en cas de difficulté.
Ces conditions créent un environnement de tension permanente, dans lequel l’agacement, l’exaspération ou la parole brutale s’installent comme modes de régulation des conflits ou des imprévus.

3. Une régulation collective fondée sur la mise à l’épreuve
Dans de nombreux récits recueillis lors d’enquêtes internes, les salariés du BTP expliquent que les violences verbales sont vécues comme un “test” ou un “rite de passage” :
👉 Ce type de logique, très genrée, valorise la résistance à la pression et le silence face à l’humiliation
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Anaïs Cejudo est sociologue du travail et experte en enquête interne et intervient depuis plus de 13 ans au sein des entreprises pour analyser et traiter des situations de travail dégradées. Habilitée IPRP, elle a conduit plus d’une centaine de missions dans des secteurs variés, développant une approche rigoureuse, adaptable et ancrée dans les réalités du terrain. Elle accompagne les organisations dans la gestion des signalements sensibles et l’évaluation des risques psychosociaux afin d’adapter votre système de prévention.


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