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Durée des entretiens dans le cadre d’une enquête pour suspicion de harcèlement : repères pratiques

Dernière mise à jour : 27 mars

Par Anaïs CEJUDO, Sociologue du Travail, Cabinet Espace Enquête, Tel : 0649700515 Mail : anais.cejudo@espace-enquete.fr


Dans le cadre d’une enquête interne liée à une suspicion de harcèlement (moral ou sexuel), la question de la durée des entretiens revient fréquemment, aussi bien de la part des directions que des membres de la délégation d’enquête ou des représentants du personnel.

S’il n’existe pas de durée « standard », il est essentiel d’ajuster le temps consacré à chaque échange, en fonction du rôle de la personne auditionnée, du niveau d’exposition aux faits, et du contexte émotionnel.


1. Une durée variable selon le statut de la personne entendue

Les entretiens réalisés dans le cadre de nos expertises mettent en évidence les tendances suivantes :

Statut de la personne auditionnée

Durée moyenne constatée

Victime présumée

1h30 à 3h

Personne mise en cause

1h30 à 3h

Témoins

45 min à 1h30

Managers (liés au signalement)

1h00 à 1h30


Ces durées peuvent être prolongées en cas de :

  • difficulté à formuler les faits (personne en détresse psychologique, parole fragmentée) ;

  • complexité de la situation (faits anciens, multiformes, ou évolutifs) ;

  • besoin de reformulations successives ou de retour sur certains éléments.


2. Temps d’entretien ≠ temps utile

Le temps effectif de l’entretien ne correspond pas toujours au temps « utile » du point de vue du diagnostic. Par exemple :

  • Un témoignage bref peut être extrêmement factuel et utile à l’analyse ;

  • Un entretien long, marqué par des digressions, peut nécessiter des recadrages réguliers pour maintenir le fil conducteur.

Dès lors, il est préférable de privilégier la qualité d’écoute et la rigueur méthodologique plutôt qu’une logique de volume horaire.


3. Prendre en compte les temps « autour » de l’entretien

Il est important d’anticiper :

  • Le temps de présentation du cadre (5 à 10 minutes) : rappel du contexte, objectifs de l’entretien, confidentialité, durée prévue.

  • Les temps de pause éventuels : en cas de surcharge émotionnelle ou de besoin exprimé.

  • Le temps de clôture : vérification que la personne a pu s’exprimer librement, informations sur la suite du processus.

Ces temps ne sont pas accessoires : ils participent à la sécurisation du cadre, à la bonne compréhension de la démarche, et à la posture neutre de l’intervenant.


4. Faut-il prévoir plusieurs entretiens avec la même personne ?

Dans certains cas, un second échange peut être envisagé :

  • Lorsque la personne n’a pas pu aller au bout de son récit (ex. : arrêt brutal, émotion forte) ;

  • Lorsque de nouveaux éléments émergent au fil des auditions croisées ;

  • Lorsque la personne elle-même exprime ce besoin.

Ce second entretien doit toutefois être encadré et limité dans le temps, pour éviter toute forme de pression ou d’instrumentalisation du processus.


Durée entretien harcèlement
Durée entretien harcèlement

Conclusion

Il n’existe pas de durée « idéale » pour un entretien en contexte de suspicion de harcèlement. Toutefois, la vigilance professionnelle consiste à adapter le temps d’écoute à la nature des propos, à la posture de la personne auditionnée, et au degré d’implication dans la situation.

Dans tous les cas, la qualité de l’écoute, le cadre posé et la rigueur méthodologique priment sur la durée absolue.


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Ne gérez pas seul une enquête interne. Confiez-la à un cabinet indépendant pour sécuriser la démarche, conforme aux recommandations du Défenseur Des Droits.


Mandatez le cabinet Espace Enquête :

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Anaïs Cejudo est sociologue du travail et experte en enquête interne et intervient depuis plus de 13 ans au sein des entreprises pour analyser et traiter des situations de travail dégradées. Habilitée IPRP, elle a conduit plus d’une centaine de missions dans des secteurs variés, développant une approche rigoureuse, adaptable et ancrée dans les réalités du terrain. Elle accompagne les organisations dans la gestion des signalements sensibles et l’évaluation des risques psychosociaux afin d’adapter votre système de prévention.

 
 
 

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